Passer de Windows à Linux a été, pour moi, un mélange d'excitation et d'appréhension. Je voulais garder mes habitudes de travail — mes raccourcis, mes applications préférées, mes flux de travail — sans me heurter à une courbe d'apprentissage insurmontable. Après plusieurs essais, reboots et ajustements, j'ai trouvé une méthode pragmatique et des outils qui rendent la transition non seulement possible, mais souvent plus efficace. Voici comment je m'y suis pris et ce que je recommande pour une migration sereine.
Préparer la transition : sauvegarder et lister
La première règle : sauvegarder. J'ai fait une sauvegarde complète de mes documents, de mes profils navigateur, et une image système au cas où. Pour cela j'ai utilisé :
J'ai aussi pris le temps de dresser une liste des logiciels que j'utilisais et de classer ce qui était indispensable, ce qui avait un équivalent Linux, et ce qui nécessiterait une alternative ou une virtualisation.
Choisir la distribution et l'environnement de bureau
La distribution et l'environnement de bureau (DE) influencent énormément l'expérience. Si vous venez de Windows et cherchez quelque chose de familier, je recommande :
Pour un usage plus technique ou plus personnalisé, j'ai testé Fedora et Manjaro (rolling release), mais ces deux-là demandent parfois plus d'attention. Le choix du DE (GNOME, KDE, XFCE, Cinnamon) dépendra de vos goûts et des ressources machine : KDE et GNOME sont riches en fonctionnalités, XFCE est léger.
Tester sans installer : Live USB et machine virtuelle
Je ne me suis jamais lancé directement dans le formatage du disque. J'ai d'abord créé une clé Live USB (Rufus sous Windows ou balenaEtcher) et démarré la distribution pour voir comment le matériel était reconnu (Wi‑Fi, Bluetooth, carte graphique). Ensuite, j'ai essayé une installation en machine virtuelle (VirtualBox / VMware) pour tester les applications et mes flux de travail sans risque.
Remplacer les logiciels Windows : équivalences et alternatives
Beaucoup de tâches ont des solutions Linux équivalentes ou meilleures. Voici un tableau synthétique de ce que j'ai remplacé :
| Usage Windows | Équivalent Linux |
|---|---|
| Microsoft Office | LibreOffice, OnlyOffice, Google Docs |
| Photoshop | GIMP, Krita, Darktable (pour RAW) |
| Notepad++ | VS Code, Kate, Geany |
| Dropbox/OneDrive | Dropbox (client Linux), Nextcloud, Google Drive via rclone |
| iTunes | Rhythmbox, Clementine, VLC |
| Steam | Steam (Linux) + Proton pour beaucoup de jeux |
| Outlook | Thunderbird, Evolution |
Pour les logiciels propriétaires sans équivalent natif (ex : certains outils métiers), j'ai testé :
Apprendre les bases du terminal (sans panique)
Le terminal m'a paru intimidant au début, mais il m'a vite sauvé du temps. Quelques commandes utiles à connaître :
Je me suis fixé un objectif : apprendre une commande par jour. Rapidement, des tâches de maintenance sont devenues naturelles et plus rapides qu'avec une interface graphique.
Gestion des pilotes et du matériel
Le point noir souvent évoqué est le support matériel, surtout pour les GPU. Pour l'audio et l'imprimante, la plupart des périphériques fonctionnent nativement. Pour les cartes graphiques :
J'ai toujours vérifié la compatibilité avant l'installation (forums, HCL de la distribution). Si vous dépendez d'un périphérique spécifique, testez-le en Live USB.
Synchroniser vos paramètres et vos raccourcis
Conserver ses habitudes passe par la configuration. Voici ce que j'ai synchronisé :
Productivité et workflow : adaptations utiles
Quelques ajustements m'ont aidé :
Garder une installation Windows accessible (si besoin)
Je recommande de garder une machine virtuelle Windows ou un dual-boot si vous dépendez d'un logiciel introuvable sur Linux. Pour le dual-boot, attention à l'ordre d'installation : souvent mieux d'installer Windows d'abord, puis Linux.
Ressources et communauté
La communauté m'a aidé énormément : forums de distributions, subreddits (/r/linux, /r/linuxquestions), Stack Overflow, et la documentation officielle. Quand j'ai bloqué sur un problème matériel ou une dépendance, une recherche rapide et une question bien posée suffisaient la plupart du temps.
Si vous hésitez encore, commencez progressivement : testez en Live USB, installez une machine virtuelle, remplacez d'abord les applications non critiques, puis passez au système principal quand vous vous sentez prêt. La transition peut être progressive et totalement réversible si vous planifiez vos sauvegardes.